Brexit

Luxembourg, 30 June 2016

L’Union Syndicale Luxembourg (USL) regrette profondément le vote récent en faveur du BREXIT des citoyens du Royaume-Uni pour quitter l’Union européenne, et plus particulièrement dès lors qu'une majorité de jeunes hautement qualifiés ont voté en faveur du « Bremain », de même que la majorité des électeurs en Ecosse et en Irlande de nord. Qui plus est, ce sont les citoyens britanniques eux-mêmes qui vont souffrir de ce pas sans précédent plus que tous autres par rapport aux conséquences économiques, sociales et culturelles.

Cet événement, inimaginable il y a peu, va-t-il marquer le tournant dans l’histoire du projet européen, prenant en compte toutes les importantes réalisations historiques et le potentiel du futur processus d’unification européenne ?

Concernant nos collègues britanniques, nous apprécions le message rassurant et encourageant du Président Juncker (voir ici). USL insistera pour jouer un rôle majeur dans les négociations avec l’Autorité compétente, afin de préserver les droits de nos collègues et retraités britanniques, en ce qui concerne leurs emploi, résidence, citoyenneté, pension et toute autre question importante.

Nous vous tiendrons au courant de toute évolution significative !


Mme Georgieva, Vice-Présidente, a rencontré la Représentation du Personnel

La Vice-Présidente Georgieva, sur demande notamment de l'Alliance, a rencontré dès ce vendredi 24 juin les OSP-CP, afin de les informer d'une première analyse, des conséquences prévisibles et des mesures immédiates envisagées par la Commission européenne, suite à la décision du peuple britannique de sortir de l'Union Européenne.

Elle a tenu à exprimer le sentiment profond de tristesse au sein de la Commission face à cette grave situation, tout en soulignant avec force que le projet européen se poursuivrait : l'histoire des 50 dernières années démontrant ses acquis innombrables en matière économique, sociale et de préservation de la paix.  La Commis­sion affichant avec détermination une volonté de relance de l'Union Européenne.

Sur le plan mondial, il semble évident que l'Union Européenne - de par sa taille et son poids économique - est mieux à même d'agir et d'exercer une influence, que ne l’est et ne le peut, au niveau individuel, chaque Etat membre.

En ce qui concerne les ressortissants du Royaume-Uni, fonctionnaires des Institutions européennes, la Vice-présidente Georgieva a rappelé les termes du message que le Président de la Commission leur a adressé ce jour :  « ils sont agents de l’UE et le Brexit ne suppose pas que la porte se referme sur eux ; la Commission travaillera avec les autres Institutions européennes pour assurer leur stabilité et continuer à bé­néficier des remarquables talent, expérience et engagement de ces agents. En synthèse : mêmes droits et obligations pour tous les agents de l'UE ».

La Vice-Présidente Georgieva a également informé les OSP-CP de la tenue d'un Conseil européen extraordinaire ce mardi 28 juin. Elle a précisé que, sur la base des Conclusions qui en émaneront, la Commission entreprendra immédiatement un "deep assessment" sur le thème du "where we are and where we are going", et que les prochains mois supposeraient de facto une période très compliquée.

Dans l'attente de la Notification du Royaume-Uni de sa sortie de l'Union Européenne, qui enclenchera la négociation de l'Accord de retrait dans le respect de l'art. 50 du Traité de l'UE, la Commission procédera à la formulation d’un Agenda politique spécifique incluant les aspects structurels qui devraient en découler en matière d'organisation et de fonctionnement.

Des mesures transitoires ne sont pas exclues considérant que les négociations de retrait peuvent prendre jusqu’à 2 ans (cf. Traité de l'UE), voire plus.

Tout en reconnaissant la célérité de la Vice-Présidente Georgieva à rencontrer les OSP dès le lendemain du referendum sur le Brexit, l’Alliance a plaidé pour :

  • la nécessité d'un cadre de dialogue social spécifique au Brexit dans la continuité  en vue notamment de sauvegarder les droits acquis et attentes lé­gitimes des collègues;
  • l'importance de tirer les leçons du Brexit en termes de communication avec le citoyen européen ;
  • une défense revigorée des acquis de l'Union Européenne sur les plans politique, économique, social et culturel ;
  • l'instauration d'un cadre stable d'organisation et fonctionnement - non sujet à des rejets de la part du personnel - comme mesure nécessaire et préa­lable aux conséquences du Brexit sur la structure de notre Institution.

L'Alliance, de par sa forte présence interinstitutionnelle et multi-lieux - ce qui lui confère une responsabilité spéciale - veillera au strict res­pect de l'intérêt général d'une fonction publique européenne indépendante, autonome et compétente comme instrument incontournable du processus d'aboutissement du projet européen.


Jean-Claude JUNCKER - Message to staff

24 juin 2016

Chers collègues,

Hier, les citoyens du Royaume-Uni ont choisi de sortir de l'Union européenne. Je suis personnellement très attristé de ce vote, mais c'est un choix que je respecte.

Je sais que pour beaucoup d'entre vous, ce vote est source d'inquiétudes pour votre avenir. Je le comprends. C'est pourquoi je veux transmettre à tous, et en particulier à nos collègues de nationalité britannique, un message très clair.

D'après notre Statut, vous êtes des "fonctionnaires de l'Union". Vous travaillez pour l'Europe. Vous avez laissé vos "chapeaux" nationaux à la porte lorsque vous êtes entrés dans cette institution. Aujourd'hui, cette porte ne se referme pas sur vous. Vous avez toujours été des fonctionnaires européens loyaux envers notre Union et vous avez apporté une énorme contribution au projet européen. C'est dans cet esprit de loyauté réciproque que je vais maintenant travailler avec les Présidents des autres institutions européennes pour m'assurer que nous pourrons tous continuer à bénéficier de vos remarquables talent, expérience et engagement. Je sais bien que vous avez tous des  attentes légitimes sur vos droits et devoirs, sur l'avenir de vos familles qui ont pu vous suivre à Bruxelles, et celui de vos enfants qui sont peut-être scolarisés ici.

Vous pouvez être sûrs que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, comme Président de la Commission, pour vous soutenir et vous aider dans ce processus difficile. Notre Statut sera lu et appliqué dans un esprit européen.

Dans les jours et semaines qui viennent, vous allez tous avoir l'occasion de montrer le meilleur de la Commission. Le monde nous observe et attend de nous que nous apportions de la stabilité, que nous agissions de manière résolue et que nous défendions les valeurs de l'Europe. J'ai une totale confiance en vous. Ensemble, nous serons à la hauteur du défi.

Jean-Claude Juncker